Cavan-Caouënnec au Moyen-Age:

Au Moyen-Age (avant 1503) :

    Du point de vue religieux, organisation qui prédominait alors, Caouënnec était une trève (ou succursale) de la paroisse de Cavan dans le diocèse de Tréguier1.

    Pour garantir de pouvoir rapidement administrer le sacrement de baptême aux nouveaux nés et procéder à l’inhumation des défunts, nos ancêtres rassemblaient des hameaux dans une trève, autour d’une église tréviale, lorsque la zone géographique correspondante pouvait être longuement ou souvent isolée de l’église de la paroisse mère. Il est donc fort probable que le ruisseau de Roudevin (alias Roudoumin ou Roudourou 2) qui prend sa source à l’Est de Convenant Janou pour se jeter dans le Guindy à Kercongard (dont le préfixe « Con » signifie bien Confluent) près de Kericoul, présentait de fréquentes crues.

    Caouënnec s’écrit Couhannec en 14763, Couhoannec en 14844, Couhennec en 15315, Couhaunec en 14786

    A noter que les paroisses et les trèves étaient elles mêmes divisées en frairies ; une frairie regroupe des hameaux et possède souvent une chapelle.

    Du point de vue administratif, dans le duché de Bretagne, Cavan (dont Caouënnec) est en 1426 dans la châtellenie de Guingamp7.

    Périodiquement le duc organise des montres pour faire une revue des hommes capables de s’armer pour la guerre et de leur équipement pour le combat; ces hommes sont nobles donc ne payent pas des «taxes» comme les fouages.

    Les Réformation8 et Montres de l’évêché de Tréguier attestent les nobles suivants à Cavan en de 1427 à 15039 10 11:

    Les domaines (maisons, terres) de la paroisse de Cavan et de sa trève Caouënnec sont probablement réparties entre ces seigneurs et d’autres qui ne résident pas dans cette paroisse tels que Kernevenoy, Quélen , Hémery et Poences en 1426.

    L’existence de nombreux seigneurs résulte peut-être du fait que Hémery, grand seigneur de Cavan, a été dépossédé de ses biens : « La terre et la seigneurie de Cavan est une juveigneurie des anciens barons d’Avaugour, confisquée par le duc Jean Ier (duc de Bretagne de 1237 à 1286 sous le nom de Jean Le Roux), aux héritiers d’Emeri, seigneur de Cavan et de Cavoénec pour raison d’Etat, et donnée par le même prince à Jean, seigneur de Kersaliou, en récompense des bons services qu’il lui avait rendus. A la mort de Kersalio, cette seigneurie fut réunie au duché 12».

    Lors d’une succession (exemple décès de son père ou de sa mère), le successeur doit payer à son suzerain un droit de rachat ou faire minu ou aveu, pour éviter la confiscation de son héritage.

    Quels sont les domaines possédés par ces seigneurs, Potier de Courcy nous permet de les répartir par domaine13 :

    Voir en compléments la description des seigneuries dans d’autres documents (un par seigneurie).

    Tout seigneur possède au moins un suzerain dont il est le vassal ; souvent un seigneur possède des domaines appartenant à différents suzerains.

    Les seigneurs confient l’exploitation de leurs domaines à des cultivateurs; les exploitants doivent en retour des rentes (un loyer annuel) au seigneur; ces rentes sont chiffrées en boisseaux de froment, en boisseaux d’avoine (vérifier) et en nombre de jours de corvées.

    De nombreux domaines sont loués sous le régime convenancier où la terre appartient au seigneur et les bâtiments à l’exploitant (ce qui évite au seigneur de les entretenir), l’exploitant paye une rente annuelle au seigneur ; l’exploitant n’a pas le droit de construire de bâtiment en pierres de tailles, ni les couvrir d’ardoises17, en effet lorsque l’exploitant quitte le domaine, le seigneur rachète les bâtiments et il ne veut pas payer de « plus value »; le nom de ces exploitations commence alors par Convenant ….souvent complété par le patronyme de l’exploitant (qui change à travers les années).

    Les seigneurs ont aussi des droits de prééminences dans les églises te chapelles, dites bâties par leurs ancêtres ; le plus important prééminencier place ses armes coté évangile (comme la statue du patron de la paroisse) et le prééminencier secondaire place ses armes coté épitre (comme la statue du second patron), d’autres prééminenciers ont leurs armes dans des chapelles à l’intérieur de l’église ou dans leurs chapelles privées attachées à leur manoirs. Le gouverneur du conseil de fabrique tient les comptes des charges et descharges (recettes et dépenses) de son édifice (église ou chapelle) et reverse annuellement une rente au prééminencier. Les recettes sont majoritairement issues de la location de terres appartenant à la fabrique (données antérieurement par des personnes à la fabrique) et par les quêtes, les dons en nature (céréales, pièces d’étoffe, …) et pièces collectées dans les troncs18.

Notes :

1 H.Torchet « Réformation des Fouages évêché de Tréguier 1426 » 2003

2 Cadastre Napoléonien de 1826

3 AD22 E2167

4 AD22 E2165

5 AD22 E1630

6 AD22 E1992

7 H.Torchet « Réformation des Fouages évêché de Tréguier 1426 » 2003

8 H.Torchet « Réformation des Fouages évêché de Tréguier 1426 » 2003

9 Montres de l’évêché de Tréguier en 1481 par Pol Potier de Courcy

10 M.Nassiet « Dictionnaire des feudataires de l’évêché de Tréguier en 1481 », SocECdA , tCXXVII, 1998

11 Montre de Tréguier en 1503 AD22 1C184 et 74J49, retranscription par Ph.Caron

12 Ogée « Dictionnaire historique et géographique de Bretagne », 1778

13 Potier de Courcy « Nobiliaire et Armorial de Bretagne »

14 AD22 E1542

15 AD22 E2162

16 AD44 E161

17 Traité des domaines congéables à l'usement de Tréguier et Comté de Gouello par escuyer F de Rozmar, avocat au Parlement , originaire du pays " : 12 pages postérieur à 1664 (daté en bibliographie de 1791

18 Preuves dans les archives de la fabrique de Buhulien , n’ayant pas trouvé celles de Caouënnec, dites détruites (mise à la décharge) lors de la transformation du presbytère en mairie

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